La Guillotine

– Pourquoi “La Guillotine” ? Interroge-t-on, surpris et inquiet.
– Rue Robespierre !
Alors l’interlocuteur se détend, parfois même éclate de rire.

Les débuts

L’histoire commence en 1997, lorsqu’après 10 ans de recherche, le destin fit que j’acquis, ici à Montreuil, au 24, rue Robespierre, une ancienne friche industrielle.

Cette parcelle qui pendant longtemps, avait abrité une fabrique de meubles – Les “Ateliers de la Boétie” – s’étend en longueur, jusqu’à plus de 100 mètres de la rue, et se compose d’une succession d’ateliers.

La reconnaissance

La Guillotine, très vite, est devenue un lieu de programmation soutenue, avec une centaine de dates par an: théâtre, danse, musique improvisée, Butô, performances, expositions, etc…

Le soutien des pouvoirs publics – département, région, DRAC, Ville de Montreuil – en 2005, marque la reconnaissance de cette activité soutenue et de qualité.

Mais les pouvoirs publics, à la fois, ont, avec un certain bon sens, exigé que le centre de gravité du lieu se déplace de la parcelle du “24” vers la salle, récemment acquise, en 2003, des anciens Pianos Klein.

C’est donc cette belle salle de 250 m2 qui est devenue l’épicentre de la programmation : les Couperets, l’époque mythique des Bals, la Poésie sonore, la danse contemporaine, les banquets d’Obsidianne, et toujours les concerts de “Musique Impro” le premier dimanche de chaque mois.

Ce fut une période “administrée”, par un “administrateur/co-directeur/ programmateur/comptable” : Philippe Braschi, un régisseur/cuisinier/magicien: Marc Granjean, et moi-même, les trois travaillant 18 heures par jour.

Puis, les pouvoirs publics ont présenté une nouvelle exigence : il fallait mettre aux normes la nouvelle salle des Pianos. Il y eut des réunions avec tous les partenaires concernés, mais on entrait déjà dans une ère où les coupes budgétaires affectaient la politique culturelle.

Faute de mise aux normes, La Guillotine perdit en même temps que les subventions, l’administration et la régie.

Il y eut enfin l’épisode des “Fabriques de Culture”, nouveau programme de la Région Ile-de-France, dont la “transversalité” correspondait assez bien à notre fonctionnement. Un an de travail pour découvrir, in extremis, au moment de déposer le dossier, que ce dispositif ne serait pas reconduit en 2015.

Vers un projet pérenne

C’est ainsi qu’avec enthousiasme est né l’idée du restaurant “Les Pianos” afin de poser les jalons d’un auto-financement.

L’ouverture des “Pianos” fin février 2018, a suscité un certain nombre de commentaires sur les destinées culturelles  du lieu. Quoi ! J’aurais vendu mon âme au diable ?

Au contraire. Il y a quelque chose de très joyeux aussi à vivre un moment de synthèse. L’activité théâtrale bat son plein. Jorge Parente développe sa pratique “Voice and Body”, ce qui relie La Guillotine au Théâtre Laboratoire de Wroclaw, et son Atelier de l’acteur.

La salle des Pianos va accueillir au cours des mois qui viennent plus de 10 000 livres de Poésie constituant le fond de la Coopérative de Poésie, imaginée avec le Marché de la Poésie.

Enfin, dernier chantier, les Ateliers de la Boétie, accueilleront bientôt des séminaires, des conférences autour de sujets de société : le climat, l’alimentation, les sciences sociales, et la philosophie.

Il ne restera plus alors qu’à planter des fleurs, les arroser et couper la tête aux hortensias fânés.

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